Les scandales politiques se succèdent à un rythme de mitraillette.
À l’extrême droite, à l’extrême gauche, chez les sociaux-traîtres ou chez les faux rebelles.
C’est à celui qui fera la plus belle promesse, qui tendra la main au bon lobby, qui flirtera avec les pires crapules pour assurer sa gamelle.
Pendant ce temps-là, toi, moi, nous, les sans-grade, les petites mains, les premiers de corvée et les derniers de la file, on trime. Et surtout : on subit.
On subit leurs décisions, on finance leurs petits arrangements, on subit les conséquences de leurs magouilles.
Pendant qu’ils discutent dans les salons dorés des ministères ou les arrière-salles d’assemblées locales, les caisses sont vides, les services publics s’écroulent et la misère sociale s’installe.
Ils parlent de “réforme” quand ils veulent dire “restrictions”, ils appellent “effort collectif” ce qui consiste à nous ponctionner toujours plus.
Trois bords politiques, trois styles différents, mais une même logique : protéger ses intérêts, enterrer la vérité, et laisser la population ramer.
- Extrême droite : dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National au Parlement européen, une vingtaine de collaborateurs ont été rémunérés par l’institution pour effectuer des tâches au sein du RN. Marine Le Pen et plusieurs cadres sont mis en examen pour détournement de fonds publics, avec des peines allant jusqu’à dix ans de prison requises
Affaire des assistants parlementaires
- Extrême gauche : dans l’affaire dite de “La Meute”, une enquête journalistique de mai 2025 révèle les pratiques internes autoritaires et sectaires de la France insoumise sous Mélenchon. Des militants auraient été fichés, des opposants traqués et une culture interne pesante dénoncée
- Macronie : un nouveau scandale éclate autour de la complicité entre le gouvernement et Nestlé France. Malgré des aveux sur l’utilisation de procédés illégaux pour filtrer ses eaux, l’État n’a pas saisi la justice ni les instances européennes, violant plusieurs obligations légales et protégeant ainsi le géant agroalimentaire linsoumission.fr.
C’est cette hypocrisie permanente qu’il faut désormais nommer et renverser.
Des élus pour eux-mêmes, jamais pour nous
On les appelle « représentants du peuple », mais à qui rendent-ils vraiment des comptes ?
Ceux que vous élisez pour porter votre voix s’empressent, une fois le fauteuil acquis, de penser à leur carrière.
L’objectif ? Être réélu ou se recaser dans une institution bien grasse.
Entre-temps, ils passent leur mandat à dilapider ce qu’il reste de ressources publiques non pas pour améliorer votre quotidien, mais pour s’assurer des soutiens, des alliances, des marchés, des postes.
Car oui, remplir ses poches n’est qu’une facette de la corruption. Le vrai business, c’est celui des coups de pouce entre amis, des marchés publics accordés aux copains, des contrats juteux pour des sociétés bien placées.
C’est ce qu’on appelle le “retour d’ascenseur” : aujourd’hui pour toi, demain pour moi. Et tout cela financé par qui ? Par toi, qui paie tes factures, tes impôts, tes taxes sur des produits de première nécessité et des services dégradés.
Et pendant qu’on nous vend des polémiques pour nous diviser, eux banquettent dans l’entre-soi.
Dans ce système verrouillé, les élus se ressemblent, se cooptent et protègent avant tout leurs intérêts.
Derrière la façade républicaine et les beaux discours sur « l’intérêt général », on retrouve trop souvent les mêmes logiques de classe et de réseau.
Nombreux sont ceux qui ont un pied dans le monde politique et l’autre dans les milieux financiers ou industriels.
Quelques exemples récents suffisent à le rappeler :
- Éric Woerth, ancien ministre et député, impliqué dans plusieurs affaires financières.
- Stéphane Séjourné, eurodéputé et proche conseiller de Macron, passé par le secteur privé et les cercles d’influence européens.
- Sophia Chikirou, députée LFI et communicante de métier, dont les activités dans le conseil en communication politique et les marchés passés avec le parti ont suscité plusieurs polémiques sur les conflits d’intérêts.
- Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Entreprises, issue du monde de la communication financière et ancienne lobbyiste.
Ces allers-retours constants entre la haute fonction publique, les cabinets ministériels, les sièges de conseil d’administration et les bancs de l’Assemblée font de la politique un entre-soi déconnecté, où l’intérêt des citoyens n’est qu’un prétexte.
Comble du paradoxe démocratique : dans ce système où l’on prétend que le peuple est souverain, le dernier mot revient souvent au Conseil constitutionnel, instance non élue, composée d’anciens ministres, de magistrats nommés et de personnalités politiques recyclées, qui valide ou censure les lois selon des critères qu’aucun électeur n’a jamais eu son mot à dire pour définir.
Les bonnes questions, celles qu’on ne vous pose jamais
Ce système tourne parce qu’on nous a désappris à poser les vraies questions. Celles qui dérangent, celles qui sortent du cadre. On vous gave de sondages, d’opinions fabriquées, de débats truqués où les thèmes sont fixés à l’avance.
Mais quand as-tu pris cinq minutes pour te demander ce qui te bouffe vraiment la vie au quotidien ?
- Est-ce que ce boulot mal payé, précaire, où tu te lèves à l’aube pour t’user la santé, te respecte et te rend justice ?
- Pourquoi ton banquier se gave en agios pendant que toi tu comptes les centimes ?
- Pourquoi ton assureur peut-il te virer après trois pépins, même si tu n’es pas en tort ?
- Pourquoi devrais-tu bosser plus longtemps pour financer des envois d’armes dans des pays où les marchands de guerre font leur beurre ?
- Pourquoi ta facture d’électricité et de gaz flambe alors qu’EDF appartient toujours à l’État et que les actionnaires se gavent ?
- Pourquoi tes pâtes valent aujourd’hui plus de 1,50€ le kilo ?
- Pourquoi dois-tu attendre six mois pour voir un spécialiste quand ton gamin est malade ?
- Pourquoi est-ce devenu un luxe de trouver une crèche dans ton quartier ?
- Comment es-tu censé déposer tes mômes à l’école avant d’aller bosser et les récupérer à l’heure en fin de journée ?
- Pourquoi ne peux-tu plus t’offrir un resto sans te sentir coupable ?
Ces questions-là, elles ne passent jamais à la télé. Aucun député, aucun technocrate n’y répond. Parce qu’ils n’en vivent pas, et qu’ils n’en ont rien à foutre.
Ils ont peur qu’on se parle entre nous
Ce qu’ils redoutent le plus, ce n’est pas la “radicalisation” ou les manifs. Ce qu’ils craignent, c’est que nous prenions conscience collectivement de notre force et que nous commencions à nous organiser en-dehors de leurs cadres.
Leurs armes : la diversion permanente, l’individualisation des galères, le soupçon généralisé.
Tu es au chômage ? C’est ta faute (traverse la rue..)
Ton loyer explose ? T’avais qu’à déménager.
Tu n’as plus de médecin traitant ? C’est que tu ne t’y es pas pris à temps.
À chaque fois, la même logique : isoler chacun dans ses emmerdes pour éviter que ça devienne un problème collectif.
Parce que le jour où on se regroupe pour poser les bonnes questions ensemble, ils savent que leur système tient à un fil.
Ce pouvoir n’a qu’une crainte réelle : que ceux d’en bas, les exploités, les précaires, les exclus, commencent à se parler, à s’organiser sans leur médiation et sans leurs partis.
L’histoire récente l’a encore démontré. Quand les Gilets Jaunes ont surgi, en dehors des structures syndicales et partisanes traditionnelles, le pouvoir a immédiatement paniqué.
Non pas à cause de quelques ronds-points bloqués, mais parce qu’un peuple qu’on croyait résigné recommençait à échanger, à débattre, à prendre la parole sans filtres.
Le mouvement des Gilets Jaunes a été perçu comme un danger précisément parce qu’il échappait aux codes classiques de la contestation institutionnelle.
Face à cette effervescence populaire, la répression a été brutale : des milliers de blessés, des éborgnés, des mutilés, des interpellations massives, des peines de prison ferme pour des slogans ou des pavés.
Et parallèlement, une véritable offensive médiatique s’est mise en place pour discréditer le mouvement, le caricaturer, l’associer à la violence, à l’extrême droite ou à la bêtise crasse, alors même qu’il portait des revendications sociales et démocratiques fondamentales.
Ce qui leur fait peur, ce n’est pas l’émeute : ils savent la mater. Ce qui les effraie, c’est la capacité des gens ordinaires à se parler, à se comprendre et à agir ensemble sans passer par leurs relais institutionnels.
C’est ce lien social réactivé qu’ils s’acharnent à briser.
Faites votre liste
Prenez dix minutes. Vraiment. Pas pour scroller un fil Twitter ou zapper sur BFM.
Prenez une feuille et un stylo. Faites la liste des cinq choses qui vous pourrissent la vie et que vous voudriez voir changées tout de suite.
Pas dans dix ans, pas dans un plan quinquennal. Maintenant.
Et demandez-vous ensuite : qui, aujourd’hui, se bat pour ça ?
Pas qui le promet. Qui agit ?
Qui met son confort en jeu pour ça ?
Qui organise des caisses de grève, des maraudes, des distributions, des blocages pour dénoncer ce merdier ?
C’est là qu’est la réponse politique. Pas dans les plateaux télé ni dans les urnes qu’on ouvre une fois tous les cinq ans pour mieux les refermer sur nos illusions.
On n’a plus besoin de promesses, on a besoin d’actes
Assez de paroles. Assez de programmes électoraux en papier glacé qui promettent des lendemains qui chantent pendant qu’on crève la dalle aujourd’hui.
Les mots sont devenus une monnaie dévaluée. Ce qu’il faut, ce sont des actes. Des décisions prises collectivement.
Des occupations de lieux vides, des réquisitions de logements, des cantines populaires, des assemblées de quartier, des caisses communes, des actions directes.
Ce système ne tombera pas parce qu’un candidat “anti-système” gagnera une élection. Il tombera quand les gens cesseront de jouer selon ses règles.
Depuis des décennies, on nous abreuve de promesses solennelles à chaque élection, qui finissent inévitablement trahies ou reniées une fois le pouvoir conquis. Le problème n’est pas qu’ils mentent mal, c’est qu’ils n’ont même plus besoin d’y croire.
Cinq exemples récents suffisent à illustrer ce cynisme généralisé :
- Du côté macroniste, Emmanuel Macron avait promis en 2017 qu’il n’y aurait « pas de privatisation d’Aéroports de Paris sans référendum ». Non seulement ce référendum n’a jamais eu lieu, mais l’État a engagé le processus de privatisation et torpillé en coulisses la mobilisation populaire qui tentait de l’imposer.
- Chez Les Républicains et la droite classique, la promesse de ne jamais toucher à l’âge de départ à la retraite sans concertation réelle a été piétinée sous Sarkozy et à nouveau soutenue sous Macron par la droite parlementaire, qui a voté la réforme de 2023 à 64 ans, contre l’avis massif de la population.
- À gauche, chez LFI, Jean-Luc Mélenchon s’était engagé en 2017 et 2022 à pratiquer une « VIe République citoyenne et transparente » et à rompre avec les pratiques d’appareil. Quelques mois après, on retrouvait les mêmes logiques de personnalisation, d’éviction des dissidents et de gestion verticale, comme l’a illustré la récente affaire autour de la désignation des investitures aux législatives de 2024, opaque et contestée jusque dans leurs propres rangs.
- Côté écolo, les élus EELV avaient promis dans de nombreuses municipalités de privilégier la justice sociale dans la transition écologique. Mais à l’image de la gestion des Zones à Faibles Émissions (ZFE) à Lyon ou Grenoble, on a assisté à des mesures punitives frappant en priorité les classes populaires et les périphéries, sans réelle alternative de transport ou compensation sociale, provoquant colère et incompréhension.
- Du côté social-démocrate (PS), souvenons-nous de François Hollande qui, en 2012, avait promis de s’attaquer à « son véritable adversaire, le monde de la finance ». Résultat : cinq ans plus tard, il entérinait la loi Travail contre l’avis des syndicats et manifestants, tout en renforçant les cadeaux fiscaux au patronat et en installant définitivement Macron, l’un des symboles du libéralisme autoritaire, aux commandes.
Les promesses ne valent plus rien dans ce système, car elles ne sont là que pour endormir, pas pour être tenues. Le peuple n’a plus besoin de promesses : il a besoin d’actes, de ruptures concrètes, d’initiatives locales et collectives qui s’affranchissent de cette vieille politique de façade.
Conclusion : notre camp, c’est celui qui construit
Ce texte n’est pas un appel au vote, pas un appel à la violence gratuite non plus.
C’est un appel à cesser de croire à leurs mensonges.
À se réapproprier nos priorités.
À retrouver ce qui compte vraiment : notre santé, notre nourriture, notre dignité, nos solidarités.
Ce qu’on veut, c’est que nos problèmes soient réglés, pas qu’ils fassent l’objet d’un débat stérile.
Que nos enfants aient un médecin. Que les loyers baissent. Que nos anciens vivent décemment. Que notre bouffe ne soit plus un produit spéculatif.
On ne mendiera plus. On ne demandera plus. On prendra.

